Demande du Commanditaire : Me faire accepter.

 

Artiste : Mathilde Faure.

Quand il arrive à son rendez-vous, notre commanditaire a déjà une idée très précise de sa demande. De formation en formation, d’une tentative pour trouver emploi à une autre, il peine à trouver sa place et se retrouve, nous dit-il, souvent en conflit avec ses supérieurs ou formateurs. Ses origines étrangères lui font défaut et lui pèsent, il a l’impression que les gens s’arrêtent le plus souvent à une apparence et des préjugés qui lui font défaut. “On me dit que quand je ne souris pas, je fais peur”. Notre commanditaire nous demande donc de travailler avec lui afin de parvenir à se faire accepter.


Cette demande nous a posé d’emblée un véritable problème : il est difficile de la sortir du contexte d’un travail de développement personnel ou de coaching, ce que nous ne sommes pas habilités à faire, et que nous ne souhaitons pas faire, en tant qu’artistes.

 

Après avoir cherché dans tous les sens, jusqu’à frôler certaines propositions d’expériences qui tenaient davantage de pratiques propres à certaines émissions grand public que du regard singulier que nous chercons à poser, par nos actions, nous décidons de nous concentrer sur les histoires que notre commanditaire nous raconte au cours de nos rendez-vous. sur les mille et une vies qu’il semble avoir vécu, et autres péripéties. Nous décidons de faire de ces histoires et des talents de conteur de notre commanditaire la matière première de notre proposition.

 

 

Avec le commanditaire, nous avons choisi et structuré quatre histoires parmi toutes celles qu'il nous a racontées. Le samedi 22 novembre, à partir de 11h, nous prenons possession de quatre bancs sur la place des Carmes, et je commence à proposer aux passants d'entendre une de ces histoires. Je fais tirer une carte à chaque personne intéressée, sur laquelle est inscrit un numéro correspondant à un banc et à une histoire. Une fois que la personne est assise, le commanditaire s'installe à côté d'elle et raconte.

 

Jusqu'à 15h, les auditeurs se succèdent sur les bancs, certains prolongeant la discussion, séduits par notre conteur. Bien que nous ayons d'emblée refusé un rôle de coach comportemental, la discipline à laquelle a dû se plier notre commanditaire pour mener à bien cette réalisation a été, a fortiori, un travail sur son comportement donc sur sa personnalité.

 

Mathilde Faure (étudiante à l'ESACT)